Long

25 mars 2008

monstre

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De la vie à la mort : le grand passage

« Le temps que dure la vie de l'homme n'est qu'un point ; son être est dans un perpétuel écoulement ; ses sensations ne sont que ténèbres. Son corps composé de tant d'éléments est la proie facile de la corruption ; son âme est un ouragan ; son destin est une énigme obscure ; sa gloire un non-sens. En un mot, tout ce qui regarde le corps est un fleuve qui s'écoule ; tout ce qui regarde l'âme n'est que songe et vanité ; la vie est un combat, et le voyage d'un étranger ; et la seule renommée qui nous attende après nous, c'est l'oubli ».

Marc Aurèle. Pensées pour moi-même.

La précarité de l'existence humaine, la fugacité du temps, de la mémoire, qui engloutit tous les hommes, grands ou petits, dans l'oubli et la mort; la petitesse de l'homme et de la terre dans l'infini de l'univers : tels sont les grands thèmes de la philosophie de Marc Aurèle. Cette vision n'a rien de tragique car l'homme a sa place dans cet univers où chaque être est situé de façon ordonnée. Par son "génie intérieur", son esprit raisonnable, l'homme participe de ce cosmos divin. Il comprend son éternelle transformation et il élimine ainsi la peur de la mort qui n'est pas anéantissement mais changement, renouvellement de l'univers. 

Depuis l’année dernière, je travaille sur l’Art tibétain. Dans la religion Bouddhique, les êtres s'inscrivent sur une trajectoire cyclique, la "sansara", qui assure leur destin par une réincarnation continue, qui comporte une amélioration ou une régression selon la valeur des mobiles qui les ont guidés dans leur vie : c'est leur "karma". Selon ce karma, la réincarnation se réalise dans des identités nouvelles qui peuplent le monde animal, végétal ou humain.

Quand le corps physique de l'être n'est plus capable de fonctionner, qu'il s'éteint, les énergies qui l'habitent ne meurent pas; elles émigrent dans une autre vie différente. Elles ont le pouvoir de prendre une nouvelle force jusqu'à leur complet épanouissement. Il n'y a pas de régression définitive, mais il n'y a pas de substance interchangeable. C'est un mouvement incessant  qui se modifie à chaque étape. Il n'y a pas de renaissance de l'être, et la différence entre la vie et la mort est le dernier instant d'une vie et le premier instant d'une autre vie.

Le passage

J’ai créé des gravures illustrant mon interprétation de ces croyances religieuses, notamment sur le passage de la vie à la mort, cet instant entre l’avant et l’après.                         

Pour moi, il s’agit d’un tourbillon hélicoïdal :

     -     vertical, il donne au spectateur une sensation d’engloutissement irréversible,

           en mouvement, d’un point à un autre,

-          horizontal, mais toujours symbolisé par des cercles, il donne au spectateur

      la vision de celui qui est absorbé dans le passage.


Des portes situées à différents points du passage permettent au spectateur                    de découvrir des représentations symboliques qui le questionnent à propos                    des dimensions multiples que l’on peut éprouver en songeant à sa propre fin :

-          la souffrance ?

-          le désir ?

-          la joie ?

-          la peur ?

-          la folie ?

-          le souvenir et l’oubli ?

-          le déchirement ?

-          le détachement ?

-          les forces invisibles : Dieu, des monstres ?

-          l’accès à la vérité ?

La continuité

La vie et la mort, unies et indissociables sont comme la lumière et l’ombre, le jour et la nuit, le visible et l’invisible, le noir et le blanc...

Comme le dit Héraclite :

«La mort de la terre, c'est de se changer en eau ; la mort de l'eau, c'est de se changer en air; la mort de l'air, de se changer en feu ; et réciproquement».

Pour moi, cette continuité entre les deux états peut être symbolisée par un arbre :

-          les racines représentent le monde de la mort, l’élément « terre »,

-          les branches représentent le monde de la vie, l’élément «air ».

Ils sont nécessaires l’un à l’autre, reliés et semblables aussi dans leur forme. Ils sont les deux aspects d’un même cycle, éternel. J’aboutis à une sorte de sculpture abstraite et double, en mouvement dans l'espace.

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les bannière prières

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03 février 2008

la mort

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08 juillet 2007

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            Je désire trouver une expression artistique qui se situe à la jointure des influences occidentales et orientales, mais aussi qui connecte le réel et l’imaginaire.

            Dans l’art Tibétain, on retrouve à la fois les influences du Gandhara, de l’Inde traditionnelle, des techniques calligraphiques chinoises et du style architectural et pictural népalais.

C’est au Gandhara, que s’est déployé, l’art qualifié de « gréco-bouddhique ». Son empreinte est marquée au Tibet, dans la représentation du Bouddha. Ainsi, le livre, qui, au 4ème   siècle, établi les cannons de cette figuration, fût traduit en tibétain avant le 10ème siècle, et utilisé progressivement à partir du 14ème siècle, puis exclusivement à partir du 17ème, et ceci, du moment où furent prises au sérieux, les menaces de catastrophes, si les proportions de longueur et de hauteur n’étaient pas respectées, ainsi que les risques d’effondrement du volume des récoltes, si l’arrondi du ventre du « Maître »  n’était pas conservé respectueusement et rigoureusement.

            La représentation du Bouddha dans la peinture tibétaine s’inspire, par exemple, dans les dégradés du jaune au blanc, dans la transition de l’ombre à la lumière, de l’influence que l’hellénisme a eu sur le Gandhara.

De pus, l’introduction du Tantrisme au Tibet à partir du 12ème siècle, apporte un bouleversement des représentations. Celles-ci vont s’élaborer autour de l’érotisme et de la monstruosité.

            Assez étrangement, car, de la fin du Moyen Age à l’aube des Temps Modernes, il n’y a eu certainement aucun échange directe, on trouve au Tibet, comme dans la peinture occidentale, d’une part le goût morbide des crânes d’où sortent des vers, et d’autre part, comme sans commune mesure, des déesses qui peuvent avoir le même déhanchement que les statues de la Vierge portant l’Enfant, au 15ème siècle.

            Et puis, je suis fascinée par cette période où les artistes tibétains surchargeaient leurs œuvres, en ne laissant pas un millimètre carré qui ne soit comblé d’une représentation, et tout cela dans des tonalités extraordinairement vives. Or, cela ne donne pas l’impression d’un encombrement oppressant, mais plutôt, de la reconstitution d’un monde infiniment riche, d’un spectacle où figure la réalité et tout ce qui peut la symboliser.

            Dire que je désire, dans mon travail, m’inspirer de cette multitude de modèles, n’implique pas de ma part, un abandon dans les commodités d’un éclectisme banal. En fait, je peux ainsi, sélectionner les modèles où peuvent s’insérer mes propres rêves, mes fantasmes, mes illusions, en fait, tout  l’imaginaire que je peux me fabriquer à partir de l’amalgame très personnel, des influences que je recueille dans les cultures que je découvre.

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