08 juillet 2007

art-tibet

            Je désire trouver une expression artistique qui se situe à la jointure des influences occidentales et orientales, mais aussi qui connecte le réel et l’imaginaire.

            Dans l’art Tibétain, on retrouve à la fois les influences du Gandhara, de l’Inde traditionnelle, des techniques calligraphiques chinoises et du style architectural et pictural népalais.

C’est au Gandhara, que s’est déployé, l’art qualifié de « gréco-bouddhique ». Son empreinte est marquée au Tibet, dans la représentation du Bouddha. Ainsi, le livre, qui, au 4ème   siècle, établi les cannons de cette figuration, fût traduit en tibétain avant le 10ème siècle, et utilisé progressivement à partir du 14ème siècle, puis exclusivement à partir du 17ème, et ceci, du moment où furent prises au sérieux, les menaces de catastrophes, si les proportions de longueur et de hauteur n’étaient pas respectées, ainsi que les risques d’effondrement du volume des récoltes, si l’arrondi du ventre du « Maître »  n’était pas conservé respectueusement et rigoureusement.

            La représentation du Bouddha dans la peinture tibétaine s’inspire, par exemple, dans les dégradés du jaune au blanc, dans la transition de l’ombre à la lumière, de l’influence que l’hellénisme a eu sur le Gandhara.

De pus, l’introduction du Tantrisme au Tibet à partir du 12ème siècle, apporte un bouleversement des représentations. Celles-ci vont s’élaborer autour de l’érotisme et de la monstruosité.

            Assez étrangement, car, de la fin du Moyen Age à l’aube des Temps Modernes, il n’y a eu certainement aucun échange directe, on trouve au Tibet, comme dans la peinture occidentale, d’une part le goût morbide des crânes d’où sortent des vers, et d’autre part, comme sans commune mesure, des déesses qui peuvent avoir le même déhanchement que les statues de la Vierge portant l’Enfant, au 15ème siècle.

            Et puis, je suis fascinée par cette période où les artistes tibétains surchargeaient leurs œuvres, en ne laissant pas un millimètre carré qui ne soit comblé d’une représentation, et tout cela dans des tonalités extraordinairement vives. Or, cela ne donne pas l’impression d’un encombrement oppressant, mais plutôt, de la reconstitution d’un monde infiniment riche, d’un spectacle où figure la réalité et tout ce qui peut la symboliser.

            Dire que je désire, dans mon travail, m’inspirer de cette multitude de modèles, n’implique pas de ma part, un abandon dans les commodités d’un éclectisme banal. En fait, je peux ainsi, sélectionner les modèles où peuvent s’insérer mes propres rêves, mes fantasmes, mes illusions, en fait, tout  l’imaginaire que je peux me fabriquer à partir de l’amalgame très personnel, des influences que je recueille dans les cultures que je découvre.

Posté par long_reve à 18:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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